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« Si vous étiez en phase terminale d'une maladie incurable et dans des souffrances insupportables, souhaiteriez-vous que l'on vous aide à mourir ? »

La question de l'euthanasie, qui vient s'insérer dans une réflexion plus large sur la fin de vie, est devenue un problème politique majeur dans notre société. Le vieillissement de la population, les progrès de la médecine, la dénaturalisation des normes semblent expliquer, bien au-delà de l'affaire Vincent Humbert qui fut à l'origine du mouvement, la nécessité qu'il y aurait désormais à légiférer. Mais à quel titre une société laïque et démocratique peut-elle (et doit-elle ?) prendre en charge des questionnements qui relevaient jusqu'à récemment du spirituel ou de l'intime ? On observe que les débats autour de cette question impliquent presque toujours un représentant des grandes familles religieuses. Dans quelle mesure est-il nécessaire de leur faire appel et de quelle façon peut-on créer une éthique dans une société laïque ?

Le débat a pris corps à la suite d'un sondage effectué en France il y a quelques années. La question posée était la suivante :

« Si vous étiez en phase terminale d'une maladie incurable et dans des souffrances insupportables, souhaiteriez-vous que l'on vous aide à mourir ? ». 86% des réponses ayant été positives, les sondeurs en ont conclu que l'énorme majorité des Français étaient « pour l'euthanasie ». Or cette question cache une équivoque dangereuse : l'expression aider à mourir peut désigner soit une euthanasie active qui consiste à abréger les souffrances du malade en lui administrant un produit qui le fera mourir, ou bien le fait de soulager au maximum ses souffrances physiques et psychologiques pour rendre sa fin de vie supportable. Quelle était donc la solution à laquelle les Français pensaient quand ils disaient qu'ils souhaitaient qu'on les aide à mourir ?

Depuis l'émotion générale suscitée par le cas très particulier de Vincent Humbert, il n'y a pas eu de débat national démocratique sur le sujet de la fin de vie et de l'euthanasie. Le défi est donc à présent de traduire cette préoccupation commune au niveau de la loi, dans le respect de chacun.

Directives anticipées : choisir sa fin de vie

L'affaire Vincent Lambert, en état végétatif chronique depuis cinq ans, a mis en lumière l'importance des directives anticipées. Ce dispositif de la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie permet à toute personne de rédiger ses volontés en matière de traitement, dans le cas où elle ne serait plus en état de le faire. Reste ensuite aux médecins du patient à évaluer la situation et à prendre une décision collégiale. Comment faire pour rédiger ses directives anticipées ? Comment les médecins les prennent-ils en compte ? Explications.

La fin de vie, tout le monde s'est fait son idée. Mais quand il s'agit de les coucher sur le papier, ces volontés restent bien souvent lettre morte.

Les directives anticipées existent depuis neuf ans, toute personne peut rédiger ses volontés thérapeutiques et choisir sa personne de confiance. Mais alors que les Français ne se bousculaient pas pour les rédiger, ils découvrent avec l'affaire Vincent Lambert l'importance de ce bout de papier.

Depuis quelques jours, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité reçoit en effet de nombreux appels sur le sujet. Cette organisation militant pour la légalisation de l'euthanasie se propose de conserver les directives anticipées de ses adhérents et de leur rappeler le renouvellement obligatoire tous les trois ans.

Pour le moment, les directives anticipées restent de simples indications. Le médecin doit en tenir compte mais n'est en aucun cas obligé de les respecter. Ce point pourrait évoluer dans une prochaine loi sur la fin de vie comme le souhaite le Dr Bernard Devalois, responsable du service de médecine palliative du centre hospitalier René Dubois (Pontoise) : "En 2014, il faut maintenant rendre l'application des directives anticipées écrites par le patient obligatoires. Le médecin doit obligatoirement les respecter, sauf circonstances particulières mais sur lesquelles il doit s'expliquer. Il peut y avoir des raisons mais il doit s'expliquer. C'est ce qu'on appelle dans notre jargon rendre les directives anticipées opposables".

Personne ne s'oppose au fait de respecter le choix des malades mais la volonté des patients peut-elle se résumer aux simples directives anticipées ? Pour certains, les situations de fin de vie peuvent dépasser la compréhension des malades.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé qu'un projet de loi sur la fin de vie serait déposé au Parlement dans les prochains mois. Un projet pour compléter la loi Leonetti de 2005 et empêcher de nouvelles situations dramatiques comme celle de Vincent Lambert

Tout d'abord, je partage ce constat de la multiplicité des fins de vie. Chaque citoyen a des aspirations qui lui sont propres, une vision de la dignité face à la mort qui est de l'ordre de l'intime. C'est pourquoi la loi ne peut imposer un cadre restrictif face à ce qui est l'ultime choix, l'ultime liberté de chacun.

Aussi, la porte ouverte au suicide médicalement assisté est une excellente chose. Elle est la première recommandation où l'on sort du paradigme selon lequel le médecin doit être placé au centre de la loi. Enfin, l'on prend en considération les aspirations du malade, ses volontés d'abréger ses souffrances sans avoir nécessairement recours aux soins palliatifs.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

 

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-directives-anticipees-choisir-sa-fin-de-vie-12610.asp?1=1

Directives Anticipées : Choisir Sa Fin de Vie
Tag(s) : #Directives Anticip, #Choisir sa fin de Vie

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